Conformité

Registre des mandats : obligations Hoguet et erreurs à éviter

Le registre des mandats est l'un des premiers documents qu'un contrôleur demande à consulter. Une numérotation mal tenue suffit à fragiliser un mandat. Voici les règles applicables et les pièges les plus fréquents.

Mis à jour le 1 juin 2026

Le registre des mandats assure la traçabilité de l'activité d'une agence immobilière. C'est aussi l'un des premiers documents examinés lors d'un contrôle, et la qualité de sa tenue se vérifie en quelques minutes.

Le cadre légal

L'obligation découle de la loi Hoguet (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970) et de son décret d'application (décret n° 72-678 du 20 juillet 1972). Tout titulaire d'une carte professionnelle (carte T pour la transaction, carte G pour la gestion) qui reçoit un mandat doit l'inscrire sur un registre tenu à cet effet, dont le modèle est fixé par l'arrêté du 15 septembre 1972.

Chaque mandat reçoit un numéro d'inscription, attribué dans l'ordre chronologique. Ce numéro doit être reporté sur l'exemplaire du mandat remis au client. Le lien entre le registre et le mandat fonctionne donc dans les deux sens : pas de mandat sans numéro, pas de numéro sans inscription au registre.

Les mentions attendues

Pour chaque mandat, le registre fait notamment apparaître :

  • le numéro d'inscription, continu et chronologique ;
  • la date du mandat ;
  • les noms et qualités des parties, ainsi que l'objet du mandat ;
  • la nature de l'opération (vente, recherche, gestion, location) ;
  • les conditions essentielles, dont la durée et les modalités de rémunération.

Pour les opérations impliquant la détention de fonds, un registre-répertoire distinct est par ailleurs exigé.

La règle décisive : une numérotation continue

C'est sur ce point que se jouent la plupart des contrôles. La numérotation doit être :

  • continue, sans numéro manquant dans la séquence ;
  • chronologique, un mandat signé après un autre ne pouvant porter un numéro antérieur ;
  • définitive, sans renumérotation ni insertion d'une entrée oubliée entre deux numéros déjà attribués.

Un trou dans la numérotation laisse présumer qu'un mandat a été retiré du registre. C'est l'hypothèse que retient un contrôleur, à charge pour l'agence de prouver le contraire.

La forme électronique, sous conditions

Le registre peut être tenu sous forme électronique. L'article 65 du décret renvoie aux articles 1365 et suivants du Code civil, qui encadrent l'écrit électronique : le support doit garantir l'identification de l'auteur et l'intégrité du document. Concrètement, cela suppose une numérotation continue et l'impossibilité de modifier ou de supprimer une entrée après son inscription. Un horodatage et un chaînage des entrées, chaque enregistrement scellant le précédent, répondent à cette exigence.

C'est précisément la limite du tableur partagé : commode, mais modifiable à tout moment, sans trace et par plusieurs personnes.

Les erreurs les plus fréquentes

  1. Renuméroter après coup pour rattraper un mandat oublié, ce qui crée l'incohérence chronologique que l'on voulait éviter.
  2. Oublier de reporter le numéro sur l'exemplaire du mandat remis au client.
  3. Tenir le registre sur un tableur partagé, sans trace des modifications.
  4. Confondre mandats de transaction et de gestion, sans registre-répertoire distinct pour les fonds.
  5. Ne pas conserver le registre et les mandats pendant la durée requise de dix ans.

En synthèse

La conformité du registre repose sur deux principes simples : une seule source de vérité, et l'impossibilité de réécrire l'historique. Un outil qui attribue automatiquement un numéro continu à la création du mandat, horodate l'entrée et verrouille toute modification ultérieure écarte l'essentiel des risques.

Sources

À jour au 1ᵉʳ juin 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, référez-vous aux textes en vigueur et à votre conseil.

Questions fréquentes

Le registre des mandats peut-il être tenu sous forme électronique ?

Oui. L'article 65 du décret du 20 juillet 1972 autorise la tenue du registre sous forme électronique, dans les conditions prévues par les articles 1365 et suivants du Code civil. Le support doit garantir l'intégrité des données, c'est-à-dire une numérotation continue et l'impossibilité de modifier une entrée une fois inscrite. Un simple tableur, modifiable sans laisser de trace, n'offre pas cette garantie.

Combien de temps faut-il conserver le registre des mandats ?

Les mandats et le registre doivent être conservés pendant dix ans. Le registre doit pouvoir être présenté aux agents chargés du contrôle, notamment la DGCCRF.

Que risque une agence dont le registre est mal tenu ?

Un registre comportant des trous de numérotation ou des inscriptions hors ordre chronologique laisse présumer qu'un mandat a été retiré. Au-delà des sanctions encourues au titre de la loi Hoguet, c'est la validité des mandats concernés, et donc le droit à rémunération de l'agence, qui peut être remise en cause.